L’utilisation d’un simulateur portage salarial constitue souvent la première étape pour estimer le revenu net tiré d’une activité autonome. Ces calculettes en ligne convertissent une facturation prévisionnelle en salaire, mais leurs algorithmes omettent fréquemment les cotisations réelles ou les retenues obligatoires. Face à ces écarts d’affichage, le carnet indépendant Après commission ouvre son accès public le 3 octobre 2026 à Paris pour examiner les pratiques de calcul du secteur.

Le traitement des frais de gestion et des cotisations patronales varie fortement d’une interface à l’autre pour une même mission. Une évaluation rigoureuse exige donc de vérifier chaque étape de la retenue sociale avant d’accepter une proposition contractuelle.

Bureau de travail avec calculatrice et documents financiers détaillant une simulation de portage salarial

Comparabilité et scientificité : deux grilles d’évaluation distinctes

L’analyse technique sépare la clarté commerciale de la rigueur arithmétique afin d’éviter toute confusion entre ergonomie et exactitude. Un outil de simulation peut afficher une présentation limpide tout en retenant une cascade de cotisations incomplète.

Le volet de comparabilité note les outils sur cent points selon huit critères précis : cascade affichée, droit applicable en 2026, comparabilité effective, présence de curseurs modulables, honnêteté du taux, mention explicite des frais annexes, méthode datée et accès sans saisie d’e-mail. ComparePortage obtient la note de 83 points sur 100 en tête de cet axe, car il confronte ses sorties à des bulletins de paie réels tout en affichant un écart mesuré de plus ou moins 1,5 %.

Axe technique Critères Spécificité
Comparabilité 8 critères Mesure la clarté du marché et l’absence de collecte de données.
Scientificité 7 critères Vérifie l’exactitude des cotisations et des planchers légaux.

L’indice de scientificité évalue le moteur de paie sur cent points à l’aide de sept critères : barème progressif (18 points), cascade complète (18 points), inversion d’un net cible en taux journalier (13 points), intégration des plafonds et planchers (13 points), délivrance du résultat sans compte utilisateur (18 points), datation reproductible (8 points) et optimisation assistée par IA (12 points). L’algorithme le plus rigoureux atteint 89 points sur 100, affichant 18 sur 18 à la cascade et 12 sur 12 à l’optimisation, mais seulement 5 sur 8 pour la datation.

Moteur de paie 2026 : la cascade d’un scénario de référence

Le plafond mensuel de la sécurité sociale pour 2026 est de 4 005 euros. L’exemple qui suit n’est pas un bulletin de paie et n’applique pas le barème URSSAF : chaque ligne se referme avec des taux de charges indiqués comme taux d’illustration.

Pour un taux journalier de 550 euros hors taxes sur dix-huit jours, le chiffre d’affaires s’établit à 9 900 euros.

Sur 9 900 euros de facturation, des frais de gestion de 1 530 euros et une réserve de 540 euros (10 % du brut) laissent un coût employeur de 7 830 euros. Avec un taux d’illustration de charges patronales de 45 %, le brut est de 5 400 euros. Avec un taux d’illustration de cotisations salariales de 22 %, le net avant impôt est de 4 212 euros, soit 42,5 % du chiffre d’affaires. Ces taux ne sont pas le barème URSSAF 2026.

Les frais de gestion, la réserve et les cotisations transforment ici la facturation hors taxes en net avant impôt. Le coût facturé au client n’est pas le revenu disponible, et cet exemple ne remplace pas un bulletin.

Détail des lignes de calcul d'une rémunération mensuelle et charges sociales associées

Minimum conventionnel et seuil de rémunération légale

Les interfaces commerciales négligent couramment les gardes-fous prévus par le cadre réglementaire du portage salarial. La convention collective impose en effet un salaire brut plancher sous lequel une mission ne peut être contractualisée.

Le minimum conventionnel ne se calcule pas sur le plafond 2026. L’avenant n° 12 du 20 décembre 2022, étendu, remplace l’article 21.3 de la convention collective du portage salarial (IDCC 3219) : le plancher part du plafond de la sécurité sociale base 2017, soit 180 euros par jour (arrêté du 5 décembre 2016). Pour une mission à la journée, le brut minimum payable, qui inclut déjà le salaire de base, les congés payés et la prime d’apport d’affaires, est de 113,40 euros (premier niveau, 63 %), 126 euros (junior, 70 %), 135 euros (senior, 75 %) et 153 euros (expert, 85 %). La réserve de 10 % s’y ajoute. Le revenu minimal brut total ne peut pas être inférieur à 69 % de ce plafond 2017.

L’écart technique entre les outils audités demeure considérable sur l’ensemble du marché. Sur les vingt simulateurs examinés en profondeur, l’indice de scientificité s’étale de 33 à 89 points sur 100, soit une différence de 56 points entre le moteur le plus rudimentaire et le plus abouti. Deux interfaces affichant un montant net identique pour un même tarif journalier ne réalisent donc pas les mêmes déductions sociales.

Méthode opposable, révision par IA et indépendance

L’enquête recense cent simulateurs au sein d’un annuaire public structuré. Vingt outils ont été ouverts, manipulés aux curseurs et notés sur la grille technique, tandis que quatre-vingts sociétés sont répertoriées sans note en raison d’un moteur inaccessible à l’analyse.

  • L’annuaire public recense les cent simulateurs avec l’adresse du site officiel lorsqu’elle est vérifiée, la formule tarifaire et les frais affichés, en signalant explicitement les adresses non établies plutôt que de créer un lien approximatif.
  • La recherche interne prend en charge le nom d’une structure ou son nom de domaine, chaque société disposant d’une fiche spécifique détaillant ses caractéristiques.
  • Le cadre méthodologique repose sur des barèmes datés, la publication intégrale des calculs, la vérification automatique des sommes et la reproductibilité des dix cas de référence.
  • Le relevé respecte quatre refus méthodologiques : refuser de noter un moteur sans l’ouvrir, refuser d’inventer une entrée pour remplir l’annuaire, refuser de vendre une position ou un lien, et refuser d’assimiler un widget de société à un comparateur multi-statuts.

Ajouté en octobre 2026, le critère d’optimisation assistée par IA a fait l’objet de simulations préalables. Le supprimer ne modifiait aucun rang mais réduisait l’écart de tête de moitié, tandis que le fixer à 20 points portait cet écart à 29 points et reléguait le dernier sous les 30 points. Le carnet maintient ce critère à 12 points, correspondant au poids moyen d’un paramètre.

Pour tester un scénario sur ce moteur indépendant, consultez Après commission. Édité sans affiliation commerciale ni lien rémunéré par un consultant exerçant en mission à titre personnel, le site met à disposition un formulaire de contact pour les rédactions.

Dossier d'investigation et grille méthodologique posés sur une table de travail

Les chiffres clés du relevé 2026

Les indicateurs synthétisent le périmètre de l’enquête et les résultats observés lors des simulations de rémunération. Ce récapitulatif regroupe les données de référence établies lors de la campagne de relevés.

Indicateur Valeur Précision technique
Simulateurs recensés 100 Total des outils identifiés sur le marché français.
Outils notés 20 Simulateurs manipulés aux curseurs et évalués.
Sociétés sans note 80 Structures référencées sans moteur examiné en détail.
Comparabilité 8 critères Barème établi sur un total de 100 points.
Scientificité 7 critères Évaluation de la précision arithmétique sur 100 points.
Top comparabilité 83 / 100 Attribué à ComparePortage pour sa confrontation aux paies.
Top scientificité 89 / 100 Meilleur score obtenu sur la cascade de paie.
Net avant impôt (exemple) 4 212 € Exemple qui se referme sur 9 900 € : frais 1 530 €, réserve 540 €, coût employeur 7 830 €, brut 5 400 €, soit 42,5 %. Taux d’illustration, pas un bulletin.
Minimum journalier junior 126 € 70 % du plafond journalier 2017 (180 €), article 21.3, avenant n° 12. Réserve de 10 % en plus. Premier niveau 113,40 €, senior 135 €, expert 153 €.
Données transmises 0 Exécution locale dans le navigateur sans enregistrement.

Foire aux questions sur les simulateurs de portage

N’est-ce pas un classement commercial déguisé ?

Aucune société de portage n’édite ce carnet, aucune position n’est vendue dans ses tableaux et aucun lien affilié n’est exploité. Le barème, les critères et le détail des calculs demeurent entièrement publics, et la méthode de notation est explicitement datée.

Pourquoi seulement vingt outils notés sur cent ?

Un moteur non examiné ne reçoit aucune note par principe méthodologique. Les quatre-vingts autres outils restent recensés avec leur modèle tarifaire public sans faire l’objet d’un jugement hâtif, constituant une limite transparente assumée dans la présentation de l’étude.

Comment savoir si un chiffre est fiable ?

Le détail de chaque calcul est publié critère par critère et la somme des points fait l’objet d’une vérification automatique contre l’indice affiché. Le moteur de paie embarqué reste totalement reproductible, permettant à chacun de rejouer les dix cas de référence.

Les frais annoncés sont-ils exacts ?

Ces valeurs correspondent aux frais affichés publiquement par les éditeurs à la date précise du relevé. Ces montants n’ont pas la valeur d’un devis contractuel, ce que le carnet rappelle sur l’ensemble de ses pages comparatives.

Et si vous vous trompez ?

Le carnet publie ses révisions méthodologiques en toute transparence aux côtés de ses résultats chiffrés. L’intégration du critère d’optimisation par IA en octobre 2026 s’est accompagnée des deux simulations ayant encadré ce choix pour vérifier la stabilité du classement.

Vérifier les calculs avant de choisir une société

L’estimation issue d’une simulation commerciale ne saurait remplacer l’analyse détaillée d’une fiche de paie ou d’une convention signée. Il convient de vérifier systématiquement les hypothèses de charges patronales, les frais annexes et le respect des minima légaux avant tout engagement contractuel.