Vous avez sans doute ressenti l’incertitude au moment de transformer vos honoraires en revenu. Nous comprenons ce mélange d’excitation et d’inquiétude quand on choisit un nouveau statut professionnel.
En portage salarial, vous facturez une mission à un client puis une société transforme ce montant en salaire. Sur ce flux, des charges et des cotisations sont prélevées pour financer la protection sociale.
Ce guide a un objectif simple : vous dire clairement ce que vous payez, ce que cela finance et comment estimer votre net, sans jargon inutile.
Nous expliquons la logique : ce n’est pas une optimisation miracle, mais une manière structurée d’acheter de la sécurité. La société gère les calculs et les paiements, vous gardez votre énergie pour développer votre activité.
Table of Contents
Points clés
- Conversion des honoraires en salaire via une société intermédiaire.
- Des charges et des cotisations financent la sécurité sociale et la protection sociale.
- Le statut offre des droits (maladie, retraite, chômage) en échange de frais.
- Nous détaillerons le mécanisme puis un exemple chiffré pour estimer votre net.
- La gestion administrative est prise en charge par la société, pour vous libérer du temps.
Comprendre le portage salarial et ce qu’il change pour vos cotisations
Comprendre qui intervient dans votre mission aide à saisir pourquoi votre revenu change de nature.
Les trois acteurs : vous, le salarié porté ; la société de portage qui encadre les relations ; et l’entreprise cliente qui achète la prestation.
Comment le contrat transforme vos honoraires
La société de portage signe un contrat commercial avec l’entreprise et votre contrat de travail (CDD ou CDI) vous rattache au régime général. Ainsi, vos honoraires cessent d’être de simples recettes : ils sont convertis en salaire soumis aux règles du salarié.
Pour qui et quelles activités sont exclues
Ce statut vise les profils autonomes : consultants, formateurs, chefs de projet, experts. Il offre sécurité et gestion déléguée sans créer de structure.
- Exclusions claires : services à la personne, achat/vente, professions réglementées.
- La société de portage gère facturation, recouvrement et déclarations.
- Vous gardez la prospection et l’organisation du travail.
portage salarial et cotisations : ce que vous payez et ce que cela finance
Les prélèvements appliqués sur votre fiche de paie alimentent des garanties concrètes pour vous et vos proches.
Les cotisations couvertes
Voici l’inventaire clair des retenues principales :
- Assurance maladie : remboursements, indemnités journalières.
- Assurance chômage : ouverture possible des droits selon conditions.
- Retraite (de base et retraite complémentaire) : validation de trimestres et points).
- Prévoyance : revenu de remplacement en cas d’arrêt long.
- CSG/CRDS, allocations familiales, congés payés intégrés et aides au logement.
Quels droits concrets
Ces prélèvements vous rattachent au régime général de la sécurité sociale. Vous bénéficiez d’une couverture maladie, de droits à la retraite et d’un accès au chômage selon les règles en vigueur.
La formule permet aussi de protéger vos ayants droit et d’accéder à une mutuelle collective selon les accords de la société. Cela transforme des charges en droits construits dans le temps.
Différences clés avec la micro-entreprise
Comparé à la micro-entreprise, le dispositif fournit une couverture plus complète. L’assurance chômage et la prévoyance y sont souvent absentes ou limitées.
Si votre priorité est la continuité des droits et la protection, ce choix justifie les prélèvements. Si vous privilégiez le net immédiat, d’autres statuts peuvent offrir un gain de trésorerie mais moins d’avantages.
Pour en savoir plus sur la protection sociale et lire vos bulletins avec méthode, poursuivez la lecture.
Cotisations salariales, patronales et frais de gestion : qui paie quoi en pratique

Lorsque vous transformez votre chiffre d’affaires en rémunération, l’intégralité des prélèvements se répartit avant que vous ne receviez votre salaire.
Pourquoi le salarié supporte aussi les charges patronales
Même si vous êtes salarié, votre enveloppe provient du montant facturé à l’entreprise.
Les charges patronales sont donc intégrées au modèle économique : elles ne sont pas payées par la société avec ses fonds propres, elles sont prélevées, calculées et reversées.
« La société calcule, déclare et reverse les contributions auprès des organismes compétents. »
Frais de gestion : fourchette observée et services financés
Fourchette classique : les frais de gestion oscillent généralement entre 5 % et 15 % du CA selon le niveau de service.
Certaines structures proposent un abonnement fixe pour plus de visibilité.
Ces frais couvrent notamment :
- responsabilité civile professionnelle;
- accompagnement commercial et administratif;
- outils, assistance juridique et parfois avance de salaire en cas de retard client.
| Élément | Valeur observée | Services inclus |
|---|---|---|
| Frais de gestion | 5% – 15% | RC Pro, paie, suivi client |
| Prélèvements | Charges salariales + patronales | Urssaf, retraites, assurance chômage |
| Modalité | Commission ou abonnement | Visibilité budgétaire, avances possibles |
Conseil : comparez le pourcentage au périmètre exact des services (RC Pro incluse, délais de paie, transparence). Pour un guide détaillé sur les frais de gestion, consultez notre fiche dédiée.
Comment calculer vos cotisations et votre salaire net en portage salarial
Pour estimer précisément votre revenu, commencez par transformer le chiffre facturé en une base de calcul claire.
Définir l’assiette : chiffre d’affaires, frais de gestion et frais professionnels
La méthode est reproductible. Prenez le chiffre d’affaires facturé et déduisez les frais de gestion appliqués par la société. Ensuite, distinguez les frais professionnels acceptés qui réduisent l’assiette.
Ordres de grandeur pour se repérer
Repère fréquent : les charges patronales tournent autour de 33% de l’assiette. Les charges salariales s’évaluent autour de 22‑23% du salaire brut.
Exemple chiffré (10 000 € de chiffre d’affaires)
Calcul rapide pour comprendre :
| Étape | Valeur |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | 10 000 € |
| – Frais de gestion (5%) | 9 500 € |
| – Charges patronales (33% de 9 500) | 3 135 € |
| – Charges salariales (~22% du brut restant) | 1 400 € |
| Net estimé | 4 965 € |
Ce exemple montre pourquoi le salaire net représente souvent près de la moitié du montant facturé : frais de gestion, charges patronales et charges sociales s’additionnent.
Points de vigilance et mini-checklist
- Demandez le taux de gestion appliqué et la liste des frais professionnels acceptés.
- Vérifiez le taux de prévoyance, la mutuelle et les options qui modifient le résultat.
- Utilisez un simulateur pour comparer à périmètre identique avant de signer.
Retraite en portage salarial : validation de trimestres et retraite complémentaire

Construire sa retraite repose sur des règles simples mais incontournables. En tant que salarié, vous cumulez des droits auprès de la sécurité sociale et des régimes complémentaires. Ce statut vous permet d’aligner vos cotisations sur celles du régime général, donc de valider des trimestres et d’acquérir des points Agirc‑Arrco.
Valider des trimestres : repères 2024
Pour valider un trimestre, il faut percevoir au moins 150 fois le SMIC horaire brut. En 2024, ce seuil vaut 1 747,50 € pour un trimestre.
Sur l’année, quatre trimestres correspondent à 6 990 €. Ce repère aide à planifier votre activité quand il manque des trimestres pour le départ à taux plein.
Retraite de base : calcul et plafond
La retraite de base est calculée sur la moyenne des 25 meilleures années. À taux plein, elle équivaut à 50 % de cette moyenne, dans la limite du plafond de la sécurité sociale (PSS 2024 : 3 864 €/mois).
La revalorisation annuelle du PSS impacte directement le montant maximal pris en compte.
Agirc‑Arrco : points et intérêt pour hauts revenus
L’Agirc‑Arrco vous fait gagner des points selon vos rémunérations. Les cotisations sont plus élevées au‑dessus du PSS (taux observé autour de 21,59 % en 2024), ce qui peut être rentable si vos revenus sont importants.
Fin de carrière et cumul emploi‑retraite
En fin de carrière, ce cadre facilite la validation des trimestres manquants et l’accumulation de points complémentaires. Il permet aussi un cumul emploi‑retraite souple : continuer une activité de conseil sans créer une structure lourde.
| Item | Repère 2024 | Impact |
|---|---|---|
| Seuil trimestre | 1 747,50 € | Validation de trimestre pour la retraite de base |
| 4 trimestres | 6 990 € | Montant annuel minimum pour valider l’année |
| PSS mensuel | 3 864 € | Plafond pour le calcul de la retraite de base |
| Taux Agirc‑Arrco (au‑dessus PSS) | ≈ 21,59 % | Acquisition de points, utile pour revenus élevés |
Conseil : suivez vos trimestres et vos points chaque année. Pour un dossier complet sur la retraite en lien avec ce statut, consultez notre article dédié : retraite en portage salarial.
Chômage, maladie et sécurité sociale : ce que vos cotisations vous ouvrent comme droits
Vos droits se construisent jour après jour : couverture maladie, indemnisation chômage et suivi par la sécurité sociale.
Assurance chômage : conditions d’ouverture et impact des jours travaillés
Pour ouvrir des droits au chômage, il faut avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures sur 24 mois. Ce délai passe à 36 mois après 53 ans.
Le calcul se fait en jours. Certaines périodes longues (congé maternité, congé paternité, accident du travail, maladie professionnelle) peuvent être exclues du décompte selon les cas.
Indemnisation : bases de calcul (SJR) et règles depuis février 2023
L’allocation se base sur le Salaire Journalier de Référence (SJR). Le SJR = salaire annuel de référence ÷ (jours travaillés × 1,4).
L’indemnité est généralement de 57% du SJR brut. Une alternative existe : 40,4% du SJR + 12,47 € si cela donne un montant plus élevé.
Depuis le 1er février 2023, un coefficient de 0,75 s’applique au nombre de jours pris en compte pour la durée d’indemnisation, ce qui réduit la durée effective pour les fins de contrat postérieures.
| Item | Repère | Impact |
|---|---|---|
| Seuil d’ouverture | 130 jours / 910 h (24 mois) | Accès aux allocations |
| Calcul SJR | Annuel ÷ (jours × 1,4) | Base de l’indemnité |
| Taux d’indemnisation | 57% ou 40,4%+12,47€ | Montant journalier |
| Règle 2023 | Coefficient 0,75 | Réduction de la durée d’indemnisation |
Conseils pratiques : conservez bulletins, contrats et attestations employeur. Vérifiez avec votre société la cohérence des jours déclarés et consultez notre guide sur l’ouverture des droits au chômage.
Conclusion
Pour conclure, retenez qu’en transformant votre chiffre d’affaires en salaire, le montant se répartit entre frais, charges patronales et charges salariales avant d’aboutir au net.
Cette logique explique pourquoi le salaire perçu diffère d’une rémunération indépendante. Elle offre en revanche des avantages concrets : protection maladie, retraite et accès au chômage.
Avant de signer avec une société, comparez le taux de gestion, la lisibilité des bulletins et l’éventail de services. Refaites l’exemple chiffré avec votre propre montant pour vérifier le résultat.
Pour évaluer les bénéfices et limiter les surprises, consultez aussi les atouts du portage salarial et choisissez la solution qui correspond à votre activité et à vos objectifs.
FAQ
Qu’est‑ce que le portage salarial et qui sont les trois acteurs impliqués ?
Le portage salarial transforme une mission facturée en relation de travail. Trois acteurs interviennent : vous, le professionnel indépendant devenu salarié porté ; la société de portage qui gère la facturation, les déclarations sociales et le versement du salaire ; et l’entreprise cliente qui achète la prestation. Cette organisation conserve votre autonomie commerciale tout en vous donnant accès à la protection du régime général.
Pourquoi mes honoraires deviennent‑ils un salaire (CDD ou CDI) ?
La société de portage signe un contrat de travail (généralement CDD de mission ou CDI) avec vous pour formaliser la relation. Elle facture l’entreprise cliente et vous reverse une rémunération après prélèvements : frais de gestion, charges sociales et éventuels frais professionnels. Ce mécanisme transforme des recettes commerciales en salaire soumis aux cotisations et droits sociaux.
Qui peut recourir à ce mode d’exercice et quelles activités sont exclues ?
Le portage s’adresse surtout aux cadres, consultants, formateurs, experts et indépendants cherchant sécurité et simplification administrative. Les activités réglementées (certaines professions libérales réglementées, activité commerciale non compatible selon la juridiction ou le statut) peuvent être exclues ; il faut vérifier au cas par cas avec la société de portage.
Quelles cotisations sont prélevées et que financent‑elles ?
Les prélèvements couvrent la protection maladie, les allocations familiales, l’assurance chômage, la retraite de base et complémentaire, la prévoyance, la CSG/CRDS et les congés payés. Ils financent l’accès aux soins, les indemnités journalières, les droits retraite, et l’assurance en cas de perte d’emploi selon les conditions d’éligibilité.
Quels droits concrets j’obtiens en tant que salarié porté ?
Vous relevez du régime général : couverture maladie, maternité, droits à la retraite, droits à l’assurance chômage (si conditions remplies), droits familiaux et protection des ayants droit. Ces droits sont assimilables à ceux d’un salarié classique, avec un suivi des cotisations par la société de portage.
En quoi la protection diffère‑t‑elle de celle d’une micro‑entreprise ?
Contrairement à la micro‑entreprise, le statut salarié porté ouvre l’accès à l’assurance chômage et à des couvertures complémentaires (prévoyance) plus robustes. La micro‑entreprise bénéficie d’un régime simplifié de cotisations mais n’offre pas la même sécurité sociale et retraite ni l’accès garanti au chômage.
Pourquoi le salarié porté supporte‑t‑il aussi des charges patronales ?
En pratique, la société de portage supporte les charges patronales mais les intègre au calcul du salaire net qu’elle vous reverse. Autrement dit, une partie des revenus facturés sert à financer ces charges « patronales », ce qui réduit le montant disponible pour votre rémunération nette.
Quels sont les frais de gestion et que couvrent‑ils ?
Les frais de gestion représentent la rémunération de la société de portage pour la facturation, les déclarations sociales, l’accompagnement administratif et commercial. Ils varient selon les prestataires (fourchette observable) et le niveau de services : de la gestion pure à des services d’assistance commerciale et formation.
Comment définir l’assiette pour calculer les cotisations et le salaire net ?
L’assiette commence par le chiffre d’affaires facturé à la cliente, dont on déduit les frais de gestion et les frais professionnels remboursés. Sur le solde se calculent les charges patronales et salariales ; le reste constitue le salaire brut puis, après prélèvements obligatoires, le salaire net versé.
Quels sont les ordres de grandeur des charges en portage ?
À titre indicatif, les charges patronales représentent souvent autour de 33 % de l’assiette tandis que les charges salariales se situent aux environs de 22–23 %. Ces chiffres varient selon la convention collective appliquée et le niveau de rémunération.
Pouvez‑vous donner un exemple chiffré sur 10 000 € de chiffre d’affaires ?
Sur 10 000 € de facturation, déduisez d’abord les frais de gestion (ex. 8–12 %) et les frais professionnels remboursés. Ensuite appliquez les charges patronales (~33 %) puis les charges salariales (~22–23 %) sur la base restante. Après ces prélèvements, la rémunération nette est souvent proche de la moitié du montant facturé, selon les paramètres précis.
Pourquoi le salaire net représente‑t‑il souvent environ la moitié du montant facturé ?
Parce que le chiffre facturé doit financer les frais de gestion, les charges patronales et salariales, la protection sociale et les cotisations retraite. Ces différents prélèvements cumulés réduisent la part disponible pour le net. La proportion exacte dépend des taux appliqués et des frais remboursés.
Comment sont validés les trimestres de retraite en portage ?
Les trimestres se valident selon la règle de revenus : il faut atteindre un plafond basé sur le SMIC horaire multiplié (règle des 150 fois le SMIC horaire brut, repères 2024). La société de portage cotise pour la retraite de base et complémentaire, ce qui permet d’acquérir des trimestres et des points Agirc‑Arrco.
Comment fonctionne la retraite de base et la retraite complémentaire ?
La retraite de base est calculée sur les 25 meilleures années avec application d’un taux et d’un plafond de la Sécurité sociale. La retraite complémentaire Agirc‑Arrco fonctionne par points : vos cotisations achetèrent des points qui seront convertis en pension. Les revenus élevés bénéficient particulièrement de l’acquisition de points complémentaires.
Le portage permet‑il un cumul emploi‑retraite et une optimisation des droits ?
Oui, le portage peut faciliter le cumul emploi‑retraite selon les règles en vigueur et permettre la poursuite d’une activité tout en continuant à cotiser, optimiser les droits et lisser les revenus en fin de carrière. Il convient d’étudier chaque situation avec un conseiller retraite.
Quelles sont les conditions d’accès à l’assurance chômage pour un salarié porté ?
L’ouverture de droits dépend des règles de Pôle emploi : durée de travail cotisée, rupture du contrat, et autres conditions d’affiliation. Les missions en portage ouvrent des droits si les cotisations chômage ont été versées et si les conditions d’activité sont remplies.
Comment sont calculées les indemnités de chômage (SJR) depuis février 2023 ?
L’indemnisation repose sur le Salaire Journalier de Référence (SJR) calculé à partir des rémunérations précédentes. Les règles ont évolué en 2023, notamment sur la prise en compte des périodes et des montants : la société de portage délivre les bulletins et attestations nécessaires pour le calcul par Pôle emploi.
