Surprise : plus de 80 % des consultants en portage sont traités par l’administration comme des salariés pour l’imposition, avec un prélèvement à la source en place depuis 2019.
Vous cherchez un statut qui combine autonomie commerciale et sécurité. Ici, nous clarifions comment fonctionne l’imposition en portage et ce que cela change pour votre trésorerie.
Ce guide a pour objectif de vous aider à comprendre les règles d’imposition, les bases de calcul et les leviers légaux. Nous comparons brièvement les systèmes classiques (IR/IS, micro/réel) et la réalité du portage, qui s’inscrit dans le cadre du salariat.
Pratique et rassurant : la gestion fiscale est souvent moins complexe que pour une entreprise classique, mais il existe des points de vigilance. Revenus variables, frais et taux de prélèvement peuvent créer des surprises si on n’anticipe pas.
Table of Contents
Points clés
- Le consultant porté est fiscalement considéré comme salarié.
- Prélèvement à la source appliqué depuis 2019.
- Moins de complexité que pour une entreprise, mais vigilance nécessaire.
- Nous expliquons quels revenus sont imposables et comment calculer le net imposable.
- Vous verrez ensuite les optimisations possibles (frais, PER, arbitrages).
Portage salarial et fiscalité en France : ce qu’il faut savoir avant de choisir
Comprendre le circuit de facturation et d’imposition évite les mauvaises surprises. Le contrat signé vous place dans un cadre de travail salarié : l’entreprise de portage encaisse les paiements clients, déduit frais de gestion et cotisations, puis verse votre salaire.
Pourquoi le salarié porté est traité comme un salarié par l’administration
Le contrat de travail et le versement d’un salaire expliquent la position de l’administration fiscale. Concrètement, votre impôt suit le même chemin que pour un salarié classique, avec prélèvement à la source.
Ce que couvre la société de portage côté gestion et administration
La société de portage prend en charge la facturation, les relances, le calcul et le reversement des cotisations, ainsi que les déclarations de paie. Cela simplifie votre quotidien et renforce votre protection sociale.
Point de vigilance : vérifiez régulièrement vos bulletins et anticipez les variations de mission. Pour en savoir plus sur comment choisir votre partenaire, consultez trouver un portage salarial.
Comprendre les notions clés : régime fiscal, IR, IS, BIC/BNC/BA
Qu’entend-on par « régime » ? C’est un ensemble de règles qui définit votre mode d’imposition et vos obligations de déclaration. Le régime ne se limite pas à un taux : il impose des formalités, des justificatifs et une gestion de la TVA selon la fonction de votre activité.
IR vs IS : mécanismes et conséquences
À l’IS, l’impôt frappe le bénéfice de l’entreprise. Ensuite, la rémunération ou les dividendes versés sont imposés chez l’actionnaire ou salarié.
À l’IR, l’impôt revenu est rattaché au foyer. Les bénéfices ou revenus professionnels s’ajoutent au reste des revenus pour calculer l’impôt.
Catégories d’activité : BIC, BNC, BA
BIC concerne l’activité commerciale ou industrielle. BNC vise les professions libérales. BA s’applique aux activités agricoles.
Ces repères servent à comparer statuts comme micro‑entreprise, EI ou SASU. En portage, l’imposition suit la logique des traitements et salaires plutôt que BIC/BNC/BA.
Micro, réel simplifié, réel normal : à qui s’adressent-ils ?
- Micro : simplification déclarative pour petits chiffres d’affaires ; peu de justificatifs.
- Réel simplifié : entreprises de taille moyenne ; gestion TVA et déclaration de résultat allégée.
- Réel normal : structures plus importantes ; obligations comptables complètes.
En résumé : votre choix de régime influe sur le temps consacré à la gestion, le coût des formalités et le niveau d’impôt. Pour comprendre précisément ce qui s’applique dans le cadre salarial, consultez notre page dédiée sur fiscalité du portage salarial. Nous détaillons ensuite ce qui devient imposable en traitement et salaire.
Les différents régimes fiscaux applicables au portage salarial

La fiscalité en portage suit des règles proches de celles du salariat, malgré votre autonomie commerciale.
Le principe : imposition des revenus en “traitements et salaires”
En pratique, vos revenus sont traités comme traitements et salaires par l’administration fiscale.
La société de portage verse un salaire qui sert de base à l’imposition.
Vous conservez l’indépendance commerciale, mais l’impôt suit le flux salarial.
Ce qui est imposable : salaire, indemnités et exceptions
Entrent dans l’assiette : le salaire versé par la société de portage et, selon les situations, certaines indemnités liées à un arrêt de travail.
Les indemnités journalières maladie sont, en principe, imposables.
Des cas d’exonération partielle existent selon la nature et l’origine de l’indemnité.
Ce qui est en principe exonéré : prestations sociales et familiales
Les prestations sociales et familiales restent majoritairement exonérées.
Attention : au-delà de certains plafonds, une portion peut devenir imposable.
Repère opérationnel : vérifiez que le montant pré‑rempli sur votre déclaration correspond aux bulletins.
La société de portage sécurise la paie, mais vous gardez la responsabilité de contrôler la nature des revenus et le salaire net imposable.
Prélèvement à la source en portage salarial : fonctionnement et taux
Depuis 2019, l’impôt sur le revenu peut être prélevé directement lors du versement du salaire. En portage, c’est la société qui réalise ce prélèvement et le reverse ensuite à l’administration.
La base de calcul est le salaire net imposable. Le prélèvement porte sur ce net, et non sur votre chiffre d’affaires facturé à vos clients. Vérifiez que le montant indiqué sur vos bulletins correspond à la déclaration annuelle.
Quels taux existent et comment choisir ?
Trois modalités coexistent :
- Taux neutre : préserve la confidentialité du foyer. Il s’applique souvent en cas de démarrage ou de demande de confidentialité.
- Taux personnalisé : calculé d’après votre dernière déclaration. Il reflète le mieux votre situation et limite les régularisations.
- Taux individualisé : utile pour adapter l’imposition entre époux ou partenaires.
Refus de transmission et régularisation
Si vous refusez la transmission du taux personnalisé à l’employeur, le taux neutre s’applique automatiquement. Cela évite la communication de données, mais peut générer une régularisation d’impôt ultérieure par l’administration.
Adapter son taux en cas de changement
Vous pouvez modifier votre taux en ligne si vos revenus ou votre situation familiale évoluent. C’est un levier de gestion simple pour éviter une forte variation d’impôt en fin d’année.
Bonne pratique : suivez vos bulletins chaque mois, vérifiez le taux appliqué et anticipez les périodes de faible revenus pour protéger votre trésorerie. Pour plus de détails sur la déclaration, consultez notre guide dédié : déclaration et prélèvement.
Du chiffre d’affaires au salaire net imposable : comprendre le calcul

Transformer votre chiffre d’affaires en salaire demande quelques étapes simples mais essentielles. Nous décrivons ici la logique pratique pour que vous puissiez simuler un montant net imposable fiable.
Frais de gestion : ordre de grandeur
La société de portage prélève des frais de gestion pour la facturation et l’administration. Ils tournent souvent entre 5% et 10% du CA HT ou sont facturés en forfait.
Cotisations : impact sur le salaire
Après déduction des frais, on calcule le salaire brut. Les charges patronales représentent environ 40–50% du brut.
Les charges salariales réduisent encore le brut d’environ 25%, ce qui détermine le salaire net imposable.
Repère pratique et exemple chiffré
Repère : le salaire net imposable se situe fréquemment entre 50% et 60% du CA HT.
| Montant | Valeur |
|---|---|
| CA mensuel | 5 000 € |
| Frais gestion | 295 € |
| Salaire brut | 4 705 € |
| Charges patronales | 1 882 € |
| Charges salariales | 705 € |
| Salaire net imposable | 2 413 € |
Conseil : utilisez ce modèle pour comparer votre situation à d’autres statuts en gardant la même base CA HT.
Optimiser son imposition en portage salarial : leviers légaux et points de vigilance
Savoir arbitrer entre abattement de 10% et frais réels change souvent le montant d’impôt. Par défaut, l’abattement simplifie la déclaration.
Si vos dépenses pro sont élevées, l’option frais réels peut réduire fortement votre imposition.
Frais professionnels typiques : déplacements (kilométriques, train, avion), hébergement et repas, matériel informatique, logiciels, téléphonie/internet, mobilier et formation.
Conservez systématiquement les justificatifs. La société qui vous accompagne valide les pièces et intègre les frais selon sa politique interne.
- Méthode sécurisée : conservez factures et notes de frais.
- Rôle du partenaire : vérification, intégration et conseils sur ce qui est accepté.
- Gestion : ajustez votre taux de prélèvement si vos revenus évoluent.
Anticipez les variations de CA pour éviter des régularisations et protégez votre trésorerie. Le PER permet de diminuer le revenu imposable via des versements déductibles, mais attention au blocage des fonds et à la fiscalité à la sortie.
Conclusion pratique : l’optimisation est légale et accessible, à condition d’assurer traçabilité, cohérence et suivi régulier de votre déclaration. Pour savoir comment facturer vos frais et les intégrer correctement, consultez notre guide sur comment facturer ses frais.
Conclusion
Pour faire simple : la fiscalité en portage vous traite comme un salarié. Le salaire net imposable et le prélèvement à la source déterminent votre charge fiscale.
Comprendre la conversion du chiffre d’affaires en salaire net vous aide à estimer vos revenus disponibles. Ce calcul reste essentiel pour comparer ce statut à une entreprise classique.
Pilotez trois choix clés : le taux de prélèvement, le suivi mensuel des fiches de paie et la vérification annuelle des montants transmis à l’administration.
Choisissez une société qui explique ses frais, sécurise la gestion et accompagne vos optimisations (frais réels, justificatifs, PER). Vous pouvez désormais simuler votre salaire net et avancer sereinement dans ce cadre professionnel.
FAQ
Comprendre les différents régimes fiscaux applicables au portage salarial — qu’est‑ce que cela signifie concrètement ?
Il s’agit d’expliquer comment vos revenus issus de l’activité portée sont traités par l’administration. En portage, la société facture vos clients, vous verse un salaire et l’administration fiscale considère ces revenus comme des « traitements et salaires ». Cela a des conséquences sur la déclaration, les cotisations sociales et le mode d’imposition (impôt sur le revenu via la catégorie salaires).
Pourquoi le salarié porté est traité comme un salarié par l’administration fiscale ?
Le statut de salarié porté repose sur un contrat de travail entre vous et la société de portage. La société assume la paie, les cotisations et l’administration sociale. Fiscalement, l’administration retient la qualification salariale car vous recevez une rémunération nette après cotisations, soumise aux mêmes règles déclaratives que pour un salarié classique.
Que couvre la société de portage côté gestion et administration ?
La société gère la facturation, le recouvrement, l’établissement des bulletins de paie, le paiement des cotisations sociales et la déclaration à l’administration fiscale et sociale. Elle peut aussi accompagner sur la facturation, l’assurance professionnelle et le suivi administratif, contre des frais de gestion prélevés sur votre chiffre d’affaires.
Qu’entend‑on par « régime fiscal » et quel est son impact sur mes obligations déclaratives ?
Le régime fiscal détermine la catégorie d’imposition (salaires, BIC, BNC, BA) et les règles de calcul de l’impôt et des déclarations. Pour un salarié porté, l’impact principal est l’application des règles du salaire : vous déclarez vos revenus dans la case « traitements et salaires » de votre déclaration de revenus personnelle.
IR vs IS : à quels statuts cela s’applique‑t‑il et pourquoi le portage reste à l’IR ?
L’IR (impôt sur le revenu) concerne les revenus des personnes physiques. L’IS (impôt sur les sociétés) concerne les bénéfices des sociétés. En portage salarial, la société de portage est une entreprise qui paie ses impôts, mais votre rémunération est imposée à l’IR comme salaire, car vous êtes salarié de cette société et non associé exploitant.
BIC, BNC, BA — quelle différence avec une imposition « salaires » ?
BIC (activité commerciale), BNC (professions libérales non commerciales) et BA (agricole) s’appliquent aux indépendants qui déclarent les bénéfices de leur activité. En portage, vos revenus ne sont pas déclarés comme bénéfices professionnels mais comme salaires, avec des règles de déduction et un calcul d’imposition différents.
Quels sont les régimes micro, réel simplifié et réel normal — à qui s’adressent‑ils ?
Ces régimes s’appliquent aux entreprises individuelles et sociétés soumises aux catégories BIC/BNC. Ils définissent le mode de calcul des bénéfices imposables et des obligations comptables. En portage salarial, ces régimes ne concernent pas directement le salarié porté pour ses revenus personnels, car ceux‑ci restent soumis à la catégorie salaires.
Comment se fait l’imposition des revenus en « traitements et salaires » ?
Votre rémunération nette imposable est calculée à partir du salaire brut versé par la société de portage après cotisations. L’administration applique ensuite le barème de l’impôt sur le revenu sur ce net imposable, après éventuelles déductions (10% forfaitaires ou frais réels si vous optez pour cette option).
Qu’est‑ce qui est imposable : salaire, indemnités maladie et cas d’exonérations partielles ?
Le salaire est imposable. Certaines indemnités (indemnités maladie, maternité) sont généralement imposables mais peuvent bénéficier d’exonérations partielles selon leur nature et leur montant. Les prestations sociales peuvent être partiellement exonérées suivant la réglementation en vigueur.
Quelles prestations sont en principe exonérées ? Y a‑t‑il des exceptions ?
Certaines prestations sociales et familiales bénéficient d’exonérations (allocations familiales, certaines aides sociales). En revanche, d’autres versements versés par l’employeur peuvent rester imposables. Il faut vérifier au cas par cas et se référer aux textes fiscaux ou à la société de portage pour les situations particulières.
Comment fonctionne le prélèvement à la source pour un salarié porté ?
Le prélèvement à la source est appliqué directement sur votre salaire par la société de portage. L’employeur prélève l’impôt correspondant au taux transmis par l’administration (personnalisé, neutre ou individualisé) et reverse le montant à l’administration fiscale.
Qui prélève l’impôt et sur quelle base : le salaire net imposable ?
La société de portage prélève l’impôt à la source sur la base du salaire net imposable qu’elle calcule après cotisations. Ce montant sert de base au calcul du prélèvement transmis et retenu par l’employeur.
Taux neutre, taux personnalisé, taux individualisé — comment choisir ?
Le taux personnalisé correspond à votre situation fiscale globale et est transmis à l’employeur sauf opposition. Le taux neutre (ou taux non personnalisé) protège votre confidentialité mais peut conduire à une retenue moins ajustée. Le taux individualisé s’applique pour un foyer fiscal. Le choix dépend de votre souhait de confidentialité et de la précision souhaitée dans le prélèvement.
Que se passe‑t‑il en cas de refus de transmission du taux personnalisé ?
Si vous refusez la transmission du taux personnalisé, l’employeur appliquera le taux neutre fourni par l’administration. Vous devrez ensuite régulariser votre situation lors de la déclaration annuelle si le prélèvement a été trop élevé ou trop faible.
Comment adapter son taux en cas de changement de revenus ou de situation ?
Vous pouvez modifier votre taux directement depuis votre espace personnel sur le site des impôts. La mise à jour prendra effet selon les délais administratifs. Il est recommandé d’anticiper pour éviter des régularisations importantes.
Comment passe‑t‑on du chiffre d’affaires au salaire net imposable ?
Le CA HT facturé au client est encaissé par la société de portage. Après prélèvement des frais de gestion, des charges patronales et salariales, et des autres coûts (assurances, contributions), le reste est transformé en salaire brut puis net imposable. La conversion dépend fortement du niveau des charges et du taux de cotisation.
Quels sont les frais de gestion d’une société de portage et quelle logique ?
Les frais de gestion sont un pourcentage du CA facturé et couvrent la facturation, la paie, la gestion sociale et l’accompagnement. Leur niveau varie selon la société et les services inclus. Ils sont déduits avant le calcul du salaire.
Quelle est l’influence des cotisations patronales et salariales sur le net imposable ?
Les cotisations diminuent le montant disponible pour le salaire net. Plus les cotisations sont élevées, plus le gap entre CA HT et salaire net imposable augmente. Elles financent la protection sociale : retraite, assurance maladie, chômage, etc.
Pourquoi le net imposable tourne souvent autour de 50–60% du CA HT ?
Ce repère provient d’un cumul : frais de gestion, cotisations patronales et salariales, charges diverses. Après ces prélèvements, il reste souvent entre 50 et 60 % du CA HT sous forme de salaire net imposable, selon le niveau des frais et la nature de l’activité.
Pouvez‑vous donner un exemple de conversion CA → salaire net imposable ?
À titre indicatif, sur un CA mensuel donné, on retire d’abord X% de frais de gestion, puis Y% de cotisations patronales et Z% de cotisations salariales. Le solde donne le salaire brut, puis le net imposable après déductions. Les pourcentages varient ; demandez un chiffrage précis à votre société de portage.
Déduction forfaitaire de 10% vs frais réels : comment arbitrer ?
L’abattement forfaitaire de 10% simplifie la déclaration mais peut être moins avantageux si vous avez des dépenses professionnelles élevées. Opter pour les frais réels peut réduire l’imposition si vos justificatifs couvrent des frais supérieurs à cet abattement.
Quels frais professionnels sont déductibles en portage salarial ?
Déplacements, repas, achat de matériel, téléphonie, formation peuvent être pris en compte comme frais réels s’ils sont justifiés. La société de portage a ses règles d’intégration : conservez les factures et notez l’usage professionnel.
Comment la société de portage intègre‑t‑elle mes justificatifs de frais ?
Vous transmettez les justificatifs à la société selon ses procédures (plateforme, mail). Elle vérifie la conformité, les enregistre et ajuste votre bulletin de paie si les frais sont acceptés. Respectez les délais et les formats requis.
Comment anticiper ses obligations et éviter les mauvaises surprises ?
Tenez un suivi régulier de vos dépenses et de votre trésorerie, mettez à jour votre taux de prélèvement à la source en cas de changement, et demandez des simulations à la société de portage. Prévoyez des réserves pour les régularisations annuelles.
Le PER est‑il un bon outil pour optimiser son imposition en portage salarial ?
Le PER permet de déduire des versements volontaires de votre revenu imposable, réduisant l’impôt actuel mais bloquant les sommes jusqu’à la retraite (sauf cas exceptionnels). C’est une option intéressante selon vos horizons de trésorerie et votre situation fiscale.
