Vous avez sans doute ressenti ce tiraillement : vouloir l’autonomie d’un indépendant tout en conservant la sécurité d’un statut salarié. Nous comprenons cette ambivalence et nous souhaitons vous accompagner.
Ce guide explique d’où vient ce modèle : une lecture historique depuis les années 1980, des repères issus de rapports de branche et des chiffres récents (2024-2025). Nous distinguons clairement ce qui est mesuré et ce qui reste estimé.
La méthode s’appuie sur des données publiques (DSN, Insee) quand elles existent, tout en signalant les limites temporelles des publications. Notre objectif est de vous aider à interpréter les tendances pour décider en connaissance de cause.
Pour aller plus loin, consultez notre guide pratique sur la réussite en portage salarial, qui complète cette analyse par des conseils opérationnels.
Table of Contents
Points clés à retenir
- Contexte historique : origines et structuration du secteur.
- Sources : combiner rapports de branche et données DSN/Insee.
- Prudence : écarts entre sources et définitions à considérer.
- Vocabulaire utile : salarié porté, EPS, relation tripartite, chiffre d’affaires.
- But pratique : vous aider à décider en toute sécurité.
Repères historiques et structuration du portage salarial en France
L’histoire du portage commence en 1988, quand des cadres cherchaient une voie entre autonomie et sécurité.
À l’origine, la création répondait au besoin de réemploi des profils seniors. Le dispositif a d’abord ciblé des cadres puis s’est démocratisé avec l’essor du conseil et des missions courtes.
Jalons juridiques et cadre
- 1998‑2012 : naissance des corps professionnels (SNEPS 1998, FNEPS 2004, OPPS 2006, fusion PEPS 2012).
- 2008 : reconnaissance dans le Code du travail via la loi de modernisation.
- 2015 : ordonnance n°2015-380 clarifie la définition et garantit l’autonomie du porté.
- 2017 : signature de la convention collective pour poser un socle social commun.
Structure et rôle des acteurs
Le modèle repose sur une relation tripartite : vous trouvez la mission, l’entreprise portage sécurise le contrat et la paie, et le client bénéficie de flexibilité.
Les organisations professionnelles ont professionnalisé les pratiques et renforcé la confiance. Elles contrôlent la qualité des sociétés portage et favorisent le dialogue social.
Évolution du marché du portage salarial : chiffres clés et tendances passées

Pour comprendre la tendance, commençons par les chiffres publics qui servent de référence.
Le socle mesuré s’appuie sur les données DSN / Insee de 2021 : un chiffre d’affaires de 1,56 milliard euros et 38 467 salariés portés. Ces séries montrent une croissance moyenne de +15 % par an depuis 2015.
Zoom 2020‑2021 : la crise Covid a freiné l’activité en 2020 (‑2 %), puis 2021 a marqué un fort rebond : +24 % de chiffre d’affaires et +13 % de salariés.
- Rémunération brute reconstituée : 901 M€ en 2021, méthode utilisée pour estimer le CA.
- Estimates récentes (à prendre comme projections) : CA 2024 estimé à 24 milliards euros et ~200 000 salariés en 2023.
Pourquoi les chiffres divergent ? Les méthodologies varient : reconstitution à partir des salaires vs déclarations directes. Avant de décider, vérifiez l’année, la définition (personnes vs ETP) et la méthode utilisée.
Pour approfondir les perspectives individuelles, consultez nos perspectives de carrière.
Une offre en expansion : multiplication des entreprises de portage salarial
Le paysage s’est transformé rapidement. De 225 EPS en 2015, on passe à 479 entreprises actives en 2021. Ce bond montre une forte visibilité de l’offre et plus de choix pour les indépendants.
Que signifie « entreprise active » ?
Une entreprise active a versé une rémunération au moins une fois à un salarié porté. Ce critère reflète l’activité réelle, et non une simple immatriculation.
Conséquences pour la concurrence et la solidité financière
La hausse du nombre d’entreprises accroît la concurrence. Les marges s’effritent et certains jouent la carte des bas frais gestion pour capter des clients.
Attention : un SIREN = une entreprise, mais un groupe peut posséder plusieurs entités. Cela rend la lecture du secteur plus complexe.
| Année | Nombre (EPS / entreprises actives) | Impact |
|---|---|---|
| 2015 | 225 EPS | Offre concentrée, acteurs établis |
| 2021 | 479 entreprises actives | Multiplication des offres, pression concurrentielle |
| Considération | SIREN vs groupes | Complexifie l’analyse de la concurrence |
Notre conseil : ne retenez pas seulement le prix. Vérifiez la solidité financière, la qualité de gestion et la conformité. Des défaillances existent (ex. liquidation Ventoris) : votre sécurité passe par un choix informé.
Pour analyser les opportunités et les risques liés à cette croissance de l’offre, consultez nos opportunités de croissance.
Qui sont les salariés portés et dans quels secteurs l’activité progresse
On retrouve surtout des cadres et des consultants, attirés par une autonomie professionnelle sans renoncer à la protection sociale.
Profils dominants : la population est majoritairement composée de cadres, consultants et autres professionnels hautement qualifiés. Ils vendent des prestations intellectuelles : conseil, pilotage, transformation et gestion.
Ces profils sont surreprésentés car ils peuvent facturer des TJM compatibles avec le modèle. Ils disposent d’une autonomie commerciale et recherchent la sécurité sans créer une structure complète.
Secteurs moteurs et ordres de grandeur
Les secteurs porteurs sont l’informatique, la gestion de projet, le management de transition, le marketing‑communication, la formation et la finance.
| Secteur | Indicateur 2024 | Pourquoi |
|---|---|---|
| Informatique | 70% | Demandes par mission, forte valeur ajoutée |
| Gestion de projet | 50% | Besoins ponctuels de pilotage |
| Management de transition | 45% | Expertise temporaire recherchée |
Contrats et répartition géographique
Environ 55% des contrats sont en CDI et 45% en CDD. Le CDI favorise la continuité et la protection, le CDD offre plus de souplesse entre missions.
Géographiquement, 40% des activités restent concentrées en Île‑de‑France. Mais la digitalisation et le travail hybride étendent progressivement cette offre vers les régions.
Si vous êtes travailleur indépendant en quête d’indépendance encadrée, ce modèle combine autonomie et sécurité. Pour comparer les options et choisir une entreprise fiable, consultez notre page dédiée aux entreprises de portage.
Les facteurs qui expliquent le développement du marché du portage salarial

Le développement tient à des changements profonds dans l’organisation du travail et dans les attentes des personnes.
Transformations du travail : le télétravail et les organisations en mode projet augmentent la demande pour des compétences immédiatement opérationnelles. Ces tendances favorisent le recours au portage, qui propose flexibilité et rapidité d’accès à l’expertise.
Intérêt côté entreprises : elles gagnent en souplesse pour gérer des pics d’activité. Le recours au portage permet d’accéder à des experts sans processus de recrutement long et limite le risque social.
Atouts pour les professionnels : autonomie commerciale combinée à la sécurité sociale et au cadre salarial. Ces avantages rendent le portage attractif lors de transitions ou de phases d’activité variable.
Cadre réglementaire et digitalisation
L’ordonnance 2015 et la convention collective 2017 ont clarifié la relation tripartite et renforcé la sécurité. Cet effet juridique a augmenté la confiance envers le portage salarial.
La digitalisation accélère le développement : plateformes, signature électronique, suivi d’activité et offres de formation augmentent la qualité des services proposés.
| Facteur | Impact | Critère de choix EPS |
|---|---|---|
| Télétravail / projets | Demande accrue d’experts | Réactivité commerciale |
| Cadre légal (2015/2017) | Sécurité et confiance | Conformité et assurance |
| Digitalisation | Services et accompagnement | Outils de gestion et formation |
Limites et risques : certaines activités restent inéligibles et des abus peuvent conduire à un durcissement des règles. Face à l’augmentation du nombre d’acteurs, la différenciation par la qualité des services et la conformité devient essentielle pour sécuriser votre emploi en portage.
Conclusion
Pour faire simple, regardons les chiffres fiables puis les précautions à prendre.
Repères mesurés : 1,56 Md€ de chiffre d’affaires en 2021, 38 467 salariés portés, +24% de CA et +13% d’effectifs sur 2021, et un passage de 225 EPS en 2015 à 479 entreprises actives en 2021.
Gardez la prudence : les rapports ont 2–3 ans de décalage et le CA peut être reconstitué (901 M€ via rémunérations). Vérifiez toujours l’année, la source et la méthode avant d’interpréter les données.
Checklist rapide : année de référence, source (DSN/Insee), méthode, périmètre (entités vs groupes) et cohérence avec votre activité. Le secteur offre des opportunités, mais exige de choisir une EPS solide.
Si vous cherchez un cadre sécurisé, comparez services, conformité et solidité. Pour comprendre les atouts du portage salarial, consultez notre guide dédié.
FAQ
Qu’est‑ce que le portage salarial et comment fonctionne‑t‑il ?
Le portage salarial est un dispositif qui permet à un professionnel autonome d’exercer son activité commerciale tout en bénéficiant du statut de salarié. Vous signez un contrat avec une société de portage, qui facture vos clients, gère la paie et les cotisations sociales, et vous verse un salaire après frais de gestion. Ce cadre vous apporte protection sociale, retraite et assurance chômage, sans la gestion administrative d’une entreprise.
Qui sont les salariés portés et quels profils y recourent principalement ?
Les salariés portés sont souvent des cadres, consultants, experts IT, managers de transition, formateurs ou professionnels de la communication. Ils recherchent autonomie et sécurité. Le modèle attire surtout des personnes souhaitant tester une activité indépendante ou gérer des missions ponctuelles tout en conservant des protections sociales.
Quelle est la taille du secteur et son évolution récente ?
Le secteur a connu une forte croissance ces dernières années, avec une augmentation importante du chiffre d’affaires et du nombre d’entreprises dédiées. Après un recul lié à la crise sanitaire, le marché a rebondi. Les données officielles montrent plusieurs dizaines de milliers de salariés portés et plusieurs centaines d’entreprises actives, mais les chiffres varient selon les sources et les méthodes de calcul.
Quelles sont les principales réglementations qui encadrent le portage salarial ?
Le cadre légal s’appuie sur la loi de 2008, l’ordonnance de 2015 et la convention collective dédiée signée en 2017. Ces textes clarifient la relation tripartite (salarié porté, société de portage, client), définissent les obligations de sécurité sociale, et encadrent les frais de gestion et la transparence contractuelle.
Quels avantages et quelles limites du point de vue du consultant ?
Avantages : protection sociale complète, simplification administrative, accès à la formation et accompagnement commercial. Limites : frais de gestion prélevés par la société de portage, contraintes sur certaines activités non éligibles et dépendance à la solidité financière de l’opérateur. Il faut bien comparer les offres avant de s’engager.
Comment choisir une société de portage salarial fiable ?
Vérifiez la solidité financière, la transparence des frais, la qualité de l’accompagnement (juridique, commercial, formation) et les avis clients. Contrôlez l’adhésion aux bonnes pratiques du secteur et les garanties proposées (assurance, avance sur facture). Privilégiez les sociétés qui publient leur chiffre d’affaires et leurs conditions contractuelles clairement.
Quel impact a eu la crise sanitaire sur l’activité des salariés portés ?
La crise a provoqué une première période de stagnation, puis un rebond marqué. Certaines activités comme le digital, la formation à distance et la gestion de projet ont progressé, tandis que d’autres ont souffert. Globalement, la flexibilité offerte par le dispositif a permis une reprise rapide pour de nombreux consultants.
Quelles tendances à surveiller pour les prochaines années ?
Surveillance des marges et de la concurrence entre sociétés de portage, montée en puissance des outils digitaux, diversification des services (accompagnement RH, formation) et possible resserrement réglementaire. L’essor des missions liées à la transformation numérique et au management de transition devrait soutenir la demande.
Le portage salarial est‑il adapté à tous les secteurs d’activité ?
Non. Le modèle convient surtout aux activités de prestation intellectuelle : conseil, IT, management, formation, finance, communication. Certaines professions réglementées ou métiers nécessitant des statuts spécifiques peuvent être inéligibles ou nécessiter des vérifications préalables.
Quels sont les coûts impliqués pour un salarié porté ?
Les principaux coûts sont les frais de gestion prélevés par la société de portage (pour la facturation et les services administratifs) et les cotisations sociales liées au statut salarié. Le taux net perçu dépend du chiffre d’affaires facturé, des frais professionnels et des politiques de la société de portage. Comparez plusieurs offres pour évaluer le rendement net.
