70 % des consultants qui testent ce statut le choisissent pour sécuriser une transition vers l’entrepreneuriat, mais beaucoup voient leur rémunération nette diminuer.
Le portage salarial est un statut hybride : il combine protections sociales et autonomie. Il attire des professionnels qui veulent sécurité sans renoncer à leur liberté de mission.
Pourtant, plusieurs limites pèsent sur le rendement financier. Les frais de gestion et les charges transforment votre chiffre d’affaires en salaire avec un rendement parfois inférieur à une activité en freelance classique.
Dans cet article, nous expliquons sans jugement les points qui comptent : la conversion CA→salaire, les conditions d’accès, les seuils commerciaux et la réalité de la prospection. Nous comparerons ensuite ce statut à la micro-entreprise et à la SASU/EURL pour vous aider à arbitrer.
Table of Contents
Points clés
- Objectif : vous aider à comprendre clairement les limites du portage.
- Approche comparative : portage vs freelance, micro-entreprise, SASU/EURL.
- Focus sur la rémunération : frais, cotisations, ticket d’entrée.
- Fil conducteur pratique : conversion CA→salaire, TJM et contraintes.
- Rappel : la sécurité a un coût ; mesurez son intérêt pour votre projet.
Portage salarial vs freelance “classique” : de quoi parle-t-on exactement ?
Examiner la mécanique entre consultant autonome et société intermédiaire montre le réel fonctionnement. Le système repose sur une relation tripartite : salarié porté, société portage salarial et entreprise cliente.
La relation tripartite
Vous trouvez la mission et négociez le tarif avec l’entreprise cliente. Celle-ci règle la société, qui assure la facturation et la paie.
Ensuite, vous percevez un salaire après déductions : frais de gestion et cotisations. La société gère le cadre social et administratif pour vous.
Statut hybride : autonomie et cadre salarié
Juridiquement, vous signez un contrat (CDD ou CDI) avec la société. Concrètement, vous restez libre d’organiser votre travail, vos méthodes et vos clients.
- Freelance classique : facturation en direct, administration à gérer par vous.
- En portage : délégation administrative, mais frais et charges plus élevés.
Ce compromis séduit ceux qui veulent tester une activité ou sécuriser une reconversion. Pour comprendre l’impact sur votre rémunération, nous chiffrerons ensuite ce qui pèse réellement sur le salaire net.
Découvrir les atouts du portage salarial
Les inconvénients du portage salarial : ce qui pèse vraiment sur votre rémunération

Avant de choisir un statut, il est essentiel de comprendre comment chaque euro facturé se transforme en revenu disponible.
Chaîne de conversion : montant payé par le client → frais de gestion → cotisations et charges → salaire brut → salaire net → impôt sur le revenu.
Frais de gestion et services associés
Les frais de gestion représentent souvent ~10 % du chiffre d’affaires, parfois jusqu’à 15 %. Ils couvrent la facturation, la paie, les déclarations, l’assurance RC Pro et l’accompagnement.
Charges et cotisations : ordre de grandeur
Les cotisations et charges (part patronale + salariale) pèsent généralement entre 40 % et 45 % du chiffre d’affaires. Selon le périmètre, on peut évoquer jusqu’à 50 %.
Salaire net et fiscalité
Après déductions, le salaire net perçu avoisine fréquemment 50 % du montant facturé. Ce net reste ensuite imposable à l’impôt sur le revenu, ce qui diminue encore le reste à vivre.
- Pourquoi c’est logique : le statut salarié offre chômage, retraite et mutuelle, au prix de charges plus élevées.
- Conseil pratique : simulez votre chiffre d’affaires annuel et comparez les nets selon chaque statut.
| Élément | Portage (ordre de grandeur) | Micro / SASU |
|---|---|---|
| Frais de gestion | 10–15 % | 0–5 % (gestion directe) |
| Charges totales | 40–45 % (voire 50 %) | 20–45 % selon structure |
| Salaire net moyen | ~50 % du CA | Variable ; souvent supérieur si optimisation |
| Avantage principal | Sécurité sociale et simplicité | Optimisation fiscale et marge supérieure |
Pour approfondir les atouts et savoir quand ce modèle reste pertinent, consultez notre page dédiée : découvrir les atouts.
Ticket d’entrée et minimum de salaire : un dispositif peu adapté aux petits chiffres d’affaires
Les exigences minimales imposées par le cadre peuvent exclure les petites missions peu rentables.
Rémunération minimale 2025 : la convention fixe un minimum brut mensuel de 2 517,13 € en 2025. Ce montant intègre le salaire de base, 10 % de congés payés et 5 % de prime d’apport d’affaires.
De nombreuses sociétés exigent un TJM plancher pour rendre une mission compatible avec le système. À titre indicatif, comptez souvent entre 250 et 300 € HT/jour.
Concrètement, si votre volume de jours ou votre tarif est faible, le modèle devient difficile à tenir. Les frais et les charges grignent vite le chiffre affaires.
La variabilité mensuelle complique la prévision : vos revenus dépendent des missions, des tarifs et des périodes d’intermission. L’intermission n’est pas rémunérée, sauf si vous avez constitué une réserve.
« Intégrez toujours l’absence de facturation dans votre tarif : un TJM plus élevé absorbe l’intermission. »
Conseil pratique : calculez votre TJM cible en intégrant les mois sans mission et vérifiez si le modèle reste rentable avant de signer un contrat.
Autonomie vs sécurité : la prospection reste à votre charge (même en portage)

La prospection vous incombe : la société gère la paie, pas l’apport d’affaires. Vous devez identifier les clients, négocier les missions et finaliser les contrats.
Concrètement, le temps commercial n’est pas facturé. Il comprend :
- identifier des prospects et activer votre réseau ;
- répondre à des appels d’offres et candidater ;
- participer à des salons ou événements professionnels.
Ce travail transforme des heures utiles en temps non rémunéré. Cela peut peser très vite sur votre rentabilité si vous n’intégrez pas ce coût dans votre TJM.
Organisation recommandée :
- réserver des plages hebdomadaires pour la prospection ;
- tenir un suivi simple (CRM, tableau) pour sécuriser 1–3 mois de visibilité ;
- chiffrer le temps commercial dans vos objectifs et tarifs.
Liberté de choisir vos clients, oui. Mais la protection sociale ne remplace pas la sécurité d’un pipeline. Pour comprendre quand ce compromis est pertinent, comparez aussi les avantages du portage salarial.
Activités éligibles vs interdites : des limites légales qui excluent certains métiers
Toutes les activités ne peuvent pas bénéficier du statut : la loi trace des limites claires.
L’éligibilité est un filtre légal, pas un choix commercial. Même si une entreprise vous propose une mission, certaines professions restent exclues.
Professions et secteurs non compatibles
- Professions réglementées : avocat, notaire, médecin, expert-comptable — activités soumises à un ordre professionnel.
- Services à la personne : garde d’enfants, aide à domicile, assistance directe à la personne.
- Achat‑vente de marchandises : activités de négoce et commerce de biens.
Référence juridique
Ces exclusions sont prévues par l’article L.1254-5 du Code du travail. Consultez ce texte pour vérifier l’éligibilité précise de votre activité.
Secteurs où le dispositif est courant
Le système fonctionne bien pour les prestations intellectuelles : conseil, IT, digital, audit, RH, formation, traduction.
Dans ces secteurs, les entreprises et la société d’accueil sont souvent habituées au fonctionnement. Une assurance RC Pro incluse rassure le client et limite le risque.
À suivre : au-delà du métier, l’accès dépendra aussi de votre expérience et de l’autonomie attendue pour la mission.
Conditions d’accès et profil requis : expérience, diplôme et autonomie attendue
L’accès au portage salarial repose autant sur votre expérience que sur votre capacité à définir et piloter une mission. Les sociétés d’accueil valident un niveau technique et une autonomie réelle avant d’adhérer un consultant.
Niveau minimum requis
En pratique, le critère fréquent est un bac +2 ou l’équivalent par l’expérience : au moins 3 ans dans le domaine de la mission. Ce seuil sécurise la qualité livrée au client.
Obligation d’autonomie
Le salarié porté doit pouvoir cadrer le contenu, la durée, les livrables, les modalités et le prix. Vous négociez le contrat avec le client puis exécutez la prestation sans lien hiérarchique opérationnel.
- Vous prospectez et positionnez l’offre.
- Vous défendez votre tarif face au client.
- Vous organisez le travail et rendez les livrables.
Le cadre reste salarié via un contrat de travail (CDD ou CDI), avec obligations documentaires et protections sociales. Si vous êtes débutant ou souhaitez un encadrement fort, ce statut peut être moins adapté qu’un emploi classique.
Auto‑évaluation simple : êtes‑vous capable de cadrer une mission, de soutenir un entretien client et de défendre votre tarif ? Si oui, le choix devient une question d’équilibre entre confort administratif et leviers d’optimisation.
Portage salarial vs micro-entreprise/SASU : comparaison des contraintes de gestion et de responsabilités
Le choix entre statuts passe par un arbitrage clair entre la simplicité administrative et la capacité d’optimiser votre marge.
Administratif allégé
En portage, la société gère la facturation, la paie et les déclarations. Cela réduit votre charge mentale et le risque d’erreur.
Cet accompagnement facilite le démarrage et la tenue régulière des obligations.
Coût et responsabilités
L’allègement a un prix : des frais de gestion et des cotisations plus élevées réduisent le net perçu.
Vous avez moins d’exposition en tant que dirigeant, mais vous perdez des leviers d’optimisation disponibles en SASU/EURL.
Protection sociale
Le statut salarié offre chômage, retraite et mutuelle/prévoyance. C’est un avantage majeur si la sécurité prime sur la marge.
Formalisme
Attendez au minimum : convention d’adhésion, contrat de mission et contrat de travail. Ces documents encadrent la relation avec la société portage.
| Critère | Portage salarial | Micro‑entreprise / SASU |
|---|---|---|
| Simplicité | Élevée | Moyenne |
| Coût | Frais + charges | Moins de frais |
| Couverture sociale | Complet (chômage) | Variable |
Grille de décision : si vous privilégiez la sécurité et la gestion externalisée, le portage peut convenir. Si vous visez la marge et les leviers fiscaux, créez votre structure.
Pour peser les avantages et choisir sereinement, consultez aussi les avantages portage.
Conclusion
En conclusion, comparez toujours la simplicité promise à son coût concret sur votre salaire.
Les principaux inconvénients tiennent au cumul des frais gestion (~10–15 %) et des charges : le net perçu tourne souvent autour de 50 % du chiffre facturé. Le ticket d’entrée (minimum brut 2 517,13 € en 2025) et un TJM plancher (250–300 € HT/jour) complexifient les petits volumes.
La prospection reste à votre charge et certaines activités sont exclues légalement. Lisez la convention et le contrat, vérifiez les services inclus (assurance, accompagnement) et comparez les offres de société.
Avant de signer, simulez votre rémunération annuelle sur 12 mois en intégrant les mois sans mission et le temps commercial. Pour approfondir, consultez notre synthèse pratique sur le blog : guide complet.
Décision pratique : choisissez si la sécurité et la simplicité valent le coût. Basez votre choix sur des chiffres, pas sur une promesse de zéro risque.
FAQ
Qu’est-ce que la relation tripartite en portage salarial ?
La relation tripartite implique trois acteurs : vous en tant que salarié porté, la société de portage qui gère la paie et la facturation, et l’entreprise cliente qui achète vos prestations. La société de portage formalise la mission et vous embauche en CDI ou CDD pour la durée convenue.
En quoi le statut hybride limite-t-il ma liberté ?
Vous conservez l’autonomie sur l’exécution des missions, mais vous êtes lié au cadre salarié : horaires possibles, règles internes et obligations prévues par le contrat de travail et la convention collective. Cela réduit certaines marges de manœuvre par rapport à un freelance pur.
Quels sont les frais de gestion typiques appliqués par une société de portage ?
Les frais de gestion se situent souvent autour de 10 % du chiffre d’affaires facturé, et peuvent atteindre 15 % selon les services inclus (assurance, accompagnement commercial, formations). Ces frais réduisent directement le montant disponible pour votre rémunération.
Comment les cotisations et charges impactent-elles mon revenu ?
Les charges sociales et patronales en portage représentent généralement 40‑45 % du chiffre d’affaires. Après déduction des frais de gestion et cotisations, le salaire net perçu peut souvent représenter environ 50 % du montant facturé au client.
Le salaire net en portage est-il imposable ?
Oui. Le salaire net que vous percevez reste soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements éventuels (CSG/CRDS). Le régime fiscal est celui du salarié classique pour la part salariale.
Quand la micro‑entreprise ou la SASU sont-elles plus avantageuses ?
Si vous avez un chiffre d’affaires élevé et des possibilités d’optimisation fiscale, la SASU ou la micro‑entreprise peuvent offrir des charges globales plus basses. Le portage devient parfois moins compétitif lorsque vos marges sont significatives et que vous pouvez assumer la gestion.
Quel est le salaire minimum encadré en portage salarial en 2025 ?
La convention collective fixe un salaire brut minimum à 2 517,13 € par mois en 2025. Ce plancher s’applique aux salariés portés et garantit une base de rémunération.
Existe‑t‑il un TJM plancher ou une facturation minimale recommandée ?
Les sociétés de portage et le marché attendent souvent des TJM autour de 250‑300 € HT/jour pour couvrir les charges, les frais et assurer une rémunération satisfaisante. En dessous, la formule peut devenir peu rentable.
Comment gérer la variabilité mensuelle des revenus ?
La variabilité dépend des missions, des tarifs et des périodes sans contrat. Il est conseillé de prévoir une réserve financière, diversifier les clients et négocier des missions récurrentes pour lisser le revenu.
La société de portage m’aide‑t‑elle à trouver des missions ?
Certaines sociétés proposent un accompagnement commercial ou des plateformes d’offres, mais il n’y a généralement aucune garantie d’apport d’affaires. La prospection et la négociation restent majoritairement à votre charge.
Le temps de prospection est‑il rémunéré en portage ?
Non. Les activités commerciales (réseautage, réponses aux appels d’offres, salons) ne sont pas rémunérées par la société de portage : elles constituent un temps non facturé que vous devez intégrer dans votre stratégie commerciale.
Quelles activités sont exclues du dispositif ?
Certaines professions réglementées, les services à la personne, ainsi que l’achat‑revente de marchandises sont souvent exclus. Ces exclusions sont précisées par l’article L.1254‑5 du Code du travail.
Quels secteurs utilisent le plus souvent la formule ?
Le portage est courant dans le conseil, l’IT, le digital, l’audit, les ressources humaines, la formation et la traduction. Ces activités correspondent bien au modèle de prestation intellectuelle.
Quelles conditions d’accès sont demandées par les sociétés de portage ?
Elles demandent généralement un niveau minimum (bac +2 ou 3 ans d’expérience) et une capacité d’autonomie : vous devez définir l’objet, la durée et le prix des prestations pour être éligible.
Le portage allège‑t‑il vraiment l’administratif ?
Oui : la société gère la facturation, la paie, les déclarations sociales et fiscales. Cela simplifie la vie administrative mais limite aussi les leviers d’optimisation fiscale disponibles pour un dirigeant indépendant.
Quelle protection sociale obtient‑on en étant salarié porté ?
Vous bénéficiez d’une protection comparable à celle d’un salarié : assurance chômage, cotisations retraite, mutuelle et prévoyance. En contrepartie, les cotisations sont plus élevées que dans certains statuts entrepreneuriaux.
Y a‑t‑il beaucoup de formalités contractuelles ?
Oui. Le dispositif implique plusieurs documents : convention d’adhésion, contrat de mission entre la société et l’entreprise cliente, et contrat de travail entre vous et la société de portage. Ce formalisme sécurise la relation mais alourdit les procédures.
